Hurlements intérieurs
Le dégoût s'est ajouté à la routine de ma vie.
Je suis écoeurée du quotidien de mon existence
Je suis malade de me déssécher!
Malade de végéter depuis tant d'années!
Je suis comme une plante qui manque d'air!
Une plante qui manque d'eau!
Une plante que l'on délaisse...
J'en ai assez d'être là pour les autres
Quand il n'y a personne pour moi!
J'en ai assez de faire semblant d'être heureuse!
De toujours faire semblant de quelque chose!
De dire que tout va bien alors que rien ne va!
D'afficher un sourire quand j'ai envie de pleurer!
D'être constamment en représentation pour la galerie!
Eux vont bien! Ils sont bien! Ils ne voient rien!
Personne ne voit rien! Ou ils ne veulent pas voir!...
Peu importe ma détresse! Peu importe ma tristesse!
Je dois rester à ma place! Ne surtout pas en bouger!
Ne pas déranger! Ne pas les déstabiliser
Dans leur Petit bonheur sécurisant, étriqué, Factice!...
Je suis dans un équilibre précaire d'une vie sans équilibre.
Je suis le pilier qui tiens la maison.
Si le pilier bouge, toute la maison S'écroule!
Et je suis, bien malgré moi, le pilier de cette maison!
Fatiguée de faire toujours de l'avant!
Fatiguée de donner le change!
De mentir pour éviter les questions!
J'ai froid dans mon corps! J'ai froid dans mon coeur!
J'ai froid dans ma vie! Froid dans mes envies!
Mes désirs sont de glace! Je vivote! Je m'étiole!
Je suis prisonnière d'une vie dont je ne veux plus!
Qui ne me veut plus! Qui ne me comble pas!
Je souffre. Je suis triste. Je dépéris!
Je m'ennivre de mots qui me soûlent
Et dont j'ai besoin pour continuer ma route!
Mes yeux ont le vague à l'âme
Mon âme est dans le vague!
Et vogue la galère supportant mes peines
Sur les vagues de mes désillusions...
Je n'ai plus envie d'avoir envie!
Plus rien ne m'intéresse!
Je suis vide de tous sentiments de bien être.
Je m'illusionne pour aller mieux;
Mais tout m'imsupporte! Je supporte...
Je me raisonne: il y a pire que moi!
Je déraisonne et je m'assomme
De tranquillisants éclats de rire qui sonnent faux.
Qui sonnent le glas de ma joie de vivre.
Je me cache pour laisser couler mes larmes
Qui ne sont qu'un semblant de soulagement.
J'abandonne la lutte, puis je reprends la lutte.
J'y suis obligée! Je n'ai pas le choix!
J'ai l'obligation d'une vie sans attraits
Qui fait partie du lôt quotidien de mon existence,
De mes tempêtes et de mes peurs incertaines:
Les peurs d'une femme seule entourée; mais seule
Dans le secret de son jardin secret
Où seules, fleurissent et fannent
Les fleurs de ses pensées désenchantées...
Me libérer... Etre libérée des chaines invisibles
Qui entravent mon besoin de liberté.
Prisonnière de ma propre existence.
Je suis une prisonnière non volontaire
De ma propre existence...
Ah! S'évader de cette cage dorée!
S'évader de ce donjon où mes pas résonnent
Dans un vide absolu qui n'est que l'écho d'une prison
Dans ma propre maison. Ou est la solution?
J'ai mal. J'ai Très mal. J'ai si mal! C'est mal:
C'est mal d'avoir envie de vivre autre chose
Que la routine d'une vie routinière?
Des hurlements s'étranglent dans ma gorge.
Ce ne sont que mes hurlements silencieux.
Ce n'est qu'un terrible cauchemar!
Un Cauchemar? Ca n'est pas possible!
Je vais me réveiller? Il faut que je me réveille!...
Et recommence la journée:
L'interminable et banale journée, dans son déroulement.
Une de ces journées inintéressante, Prévisible et sans attrait
Qui me permettra l'attente de la nuit pour un sommeil désiré
Où je m'enfoncerai dans mes rêves
Qui m'apporteront un semblant de bien être et de liberté.
La clef de mes songes m'appartient! Là, pas de prison virtuelle.
Mon esprit s'envole et quitte mon corps qui se repose,
Pour pouvoir affronter la routine du prochain jour
Qui se lèvera, pareil aux autres jours
Qui précèderont inmancablement toutes autres journées vides de sens
Où j'évolue, tel un zombi, dans cette prison que je me suis construite moi-même,
Pensant que c'était là le chemin que je devais prendre...
Il est certain que lorsque le vin est tirer, il faut le boire!
Pas moyen de faire autrement.
Beaucoup doivent affronter la vie dont ils ne voulaient surtout pas!
Je ne fais pas exeption à la rêgle!
Je me dois d'assumer les erreurs, mes choix et de me taire;
Mais les hurlements intérieurs de mon âme
Continuent leur vacarme assourdissant,
Martelant avec insistence, l'idée d'une liberté
Dont je ne peux jouir par srupules, par peur de faire mal,
Par peur de me tromper encore...
N.Ghis.Mélody