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Comment le corbeau est devenu noir.

Mercredi 12 Novembre 2008 à 14:15

Publié par La main et la plume2 dans Les légendes.

 

 

 

 

Comment le corbeau est devenu noir

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Il y a très, très longtemps, quand la terre et ses habitants étaient encore jeunes, les corbeaux étaient tous blancs comme neige. En ce temps-là, les hommes n'avaient ni chevaux, ni fusils, ni armes en métal. Mais ils dépendaient pourtant de la chasse au bison pour manger et survivre

Il était difficile, aléatoire et dangereux de chasser le bison à pied, avec des armes à pointe de pierre.

Les corbeaux rendaient les choses encore plus difficile aux chasseurs, car ils étaient les amis des bisons. Ils montaient très haut dans le ciel, au-dessus de la prairie, d'où ils pouvaient voir tout ce qui se passait.

A chaque fois qu'un chasseur s'approchait d'un troupeau, les corbeaux volaient jusqu'à leurs amis et  se perchant entre leurs deux cornes, ils les mettaient en garde

« Croa, croa, croa, chers cousins, voici venir des chasseurs. Ils sont en train de ramper dans le ravin qui est là-bas. Ils sont derrière cette colline. Attention ! Croa, croa, croa! ».

En les entendant, les bisons s'enfuyaient au galop, et alors, les gens mouraient de faim

Les indiens  se réunirent donc en conseil pour décider quoi faire. Parmi les corbeaux, il en était un énorme, deux fois plus gros que tous les autres, qui était leur chef.

Pendant le conseil, le vieux sage se leva et suggéra ceci :

« Il nous faut prendre le grand corbeau blanc et lui donner une bonne leçon. Nous n'avons que cette solution, ou bien nous allons continuer à avoir faim ».

Il prit une grande peau de bison, entière, avec la tête et les cornes, et il la posa sur les épaules d'un jeune brave, en disant :

« mon neveu, glisse-toi parmi les bisons. Ils te prendront pour l'un des leurs, et ainsi tu pourras capturer le grand corbeau blanc ».

Ainsi déguisé en bison, le jeune indien  se faufila au milieu du troupeau et fit semblant de brouter.

Les grands animaux hirsutes ne lui prêtèrent pas la moindre attention.

Ensuite les chasseurs quittèrent leur campement et le suivirent, leur arcs tous prêts. Comme ils s'approchaient du troupeau, les corbeaux s'en vinrent, comme d'habitude, prévenir les bisons :

« croa, croa, croa, chers cousins, les chasseurs viennent pour vous tuer. Gardez-vous de leurs flèches. Croa, croa, croa ! ».

Et, comme d'habitude, tous les bisons de s'enfuir au galop... Tous, sauf bien sûr le jeune chasseur sous sa peau hirsute, qui faisait semblant de continuer à brouter.

Le grand corbeau blanc vint donc se percher sur les épaules du chasseur  et battant des ailes, il lui dit :

« Croa, croa, croa, mon frère, es-tu sourd ?  Les chasseurs sont tout près, juste de l'autre côté de la colline. Sauve-toi ! ».

 Mais, à ce moment-là, le jeune chasseur laissa tomber sa peau de bison et s'empara de grand corbeau en le saisissant par les pattes.

Puis il prit un lien de peau, lui attacha les deux pattes ensemble et attacha l'autre extrémité à une grosse pierre. Le corbeau se débattait tant qu'il pouvait, mais en vain.

Les indiens  de nouveau tinrent conseil.

« Qu’allons-nous faire de ce sale corbeau, qui nous a affamés tant de fois ? Je vais le brûler ! ».

S’écria un chasseur en colère. Et avant qu'on ait pu faire le moindre geste, il arracha le corbeau des mains du jeune chasseur et le plongea dans le feu du conseil, avec sa pierre et sa lanière de cuir. « Ça t'apprendra ! » lui dit-il.

Bien entendu, le lien qui l'attachait à la pierre brûla complètement presque tout de suite, et le grand corbeau réussit à s'envoler.

Mais il était un peu roussi, et certaines de ses plumes étaient carbonisées.

Il était toujours aussi gros, mais il n'était plus blanc.

« croa, croa, croa ! » cria-t-il en s'envolant du plus vite qu'il pût.

« Jamais je ne recommencerai ; je n'avertirai plus les bisons, Je vous le promets, Croa croa croa ! ».

C'est ainsi qu'il réussit à s'échapper. Mais, depuis ce temps-là, tous les corbeaux sont noirs.

 

Raconté par les Sioux Brûlés

 

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L'espoir d'une louve un soir d'hiver.

Jeudi 09 Octobre 2008 à 13:01

Publié par La main et la plume2 dans Les légendes.

 

 

 

 

 Louve, avec son museau, caressa doucement le sien,

Lui faisant comprendre qu'il n'y avait rien à craindre. 

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L'espoir d'une louve un soir d'hiver 

 
 
C'était au mois de décembre, il faisait froid, une louve devenue craintive à cause des hommes, n'osait sortir de sa tanière, la peur lui tenaillait le ventre. Ce soir là, elle se décida, suivit de ses petits, ils quittèrent leur refuge en quête de nourriture.
 
Elle marchait lentement devant eux, restant constamment sur ses gardes, attentive au moindre bruit. Elle leva la tête et regarda le ciel étoilé, pas un nuage venait assombrir ce firmament brillant de mille feux. Elle continua sa route, affamée, en pensant avec envie au retour du printemps...
 
Ils traversèrent la forêt, la lune éclairait son chemin comme si elle voulait la guider vers un destin inconnu. Les branches des arbres alourdies par le gel, descendaient presque jusqu'à terre, formant d'immenses stalactites qui cliquetaient dès que le vent glacial s'élevait. Lobo ne remarqua pas ce côté féérique de la splendeur de l'hiver, et continua de marcher, car le froid vif la transperçait et elle pensa à ses petits. Tout à coup, au bout de cette lumière qui l'aveuglait, elle aperçut un loup blanc, vision ou pas, avec cette lueur, il ressemblait à un ange tout droit tombé du ciel. Il marchait la tête basse tout en boîtant, l'air harassé d'avoir tant marché.
 
Surprise, la louve s'arrêta un instant, se tenant sur ses gardes, regardant ses petits derrière elle. Craintive mais courageuse, elle prit l'initiative de s'approcher de lui. Elle vit qu'il était aussi sur le qui-vive, Louve ne se découragea pas, elle avança pour arriver à sa hauteur, il avait l'air honteux de se montrer dans ce piteux état. Elle prit soin de laisser ses petits à l'écart, puis avec son museau, elle caressa doucement le sien lui faisant comprendre qu'il n'y avait rien à craindre. Il leva la tête qui lui paraissait si lourde, il donnait l'impression d''un loup perdu, ne sachant plus qui il était, d'où il venait.. Elle le fixa, puis baissa la tête en laissant échapper un petit cri plaintif, le forçant à poursuivre son chemin avec eux. Louve ne voulait pas l'abandonner, car il était épuisé, à bout de souffle, elle le sentait.
 
Le loup blanc ne bougea pas, elle redoubla d'effort, s'approcha de lui pour lui apporter tout le réconfort qu'elle voulait lui donner. Les petits suivaient leur mère, ils ne sentaient pas de danger venant de lui au contraire, louve les laissa faire. Elle voyait bien que, comme elle, il était solitaire, surement banni de sa meute, dans son coeur de louve, ce qui l'importait c'était de l'aider.
 
Soudain un craquement de branches lui fit tourner la tête, elle fixa l'endroit d'où provenait le bruit, et vit une biche qui essayait en vain d'arracher l'écorce d'un arbre, sans hésitation Louve s'approcha de sa proie puis lui bondit à la gorge afin de l'étouffer, puis la traîna jusqu'à eux. Loup se sentit honteux car c'était une femelle qui venait le nourrir.
 
Heureux d'apaiser leur faim, ils ne se firent pas prier pour se partager le festin. Loup blanc jeta des coups d'oeil à Lobo comme pour la remercier et lui fit comprendre que jamais il n'oublierait. Tous repus, elle regarda ses louveteaux d'un air entendu et invita loup blanc à venir partager sa tanière. Elle lui donna un coup de langue sur son museau pour l'encourager à les suivre. Convaincu, il suivit cette petite famille qui lui avait réchauffé le coeur tout en pensant que l'instant d'avant, il était près à se laisser mourir tant il se sentait épuisé.
 
Arrivé au refuge, les petits s'avancèrent vers le fond et ne se firent pas prier pour s'endormir. Lobo était fière d'eux. Elle s'alongea contre loup blanc pour pouvoir le réchauffer du mieux qu'elle pouvait. Elle se frotta de nouveau contre lui, lécha les blessures béantes de ses pattes que la morsure du froid lui avait apportées puis posa délicatement sa tête sur son corps meurtri pour lui faire comprendre que s'il le souhaitait, sa place était ici, auprès d'eux.
 
Loup sentit la chaleur de la louve solitaire s'envahir et se sentit merveilleusement bien et compris qu'il ne pouvait les laisser. Lorsque sa force reviendrait, il fit la promesse de les protéger, parce qu'il avait pû admirer le courage de cette louve si surprenante. Il décida que son chemin s'arrêtait là pour finir sa vie avec celle qui lui avait tant donné et qui a su lire dans son coeur et qui se moquait de son apparence.
 
Lobo et ses petits lui avaient ouvert la porte de leur tanière pour l'aider à guérir de son passé, et ça, il n'était pas près de l'oublier. Elle l'acceptait tel qu'il était, elle avait un grand coeur et en tant que louve solitaire qui comme lui, avait surement subi, la trace de son passé se lisait dans ses yeux, finalement ils se ressemblaient.
 
Puis finalement, après ses longues pensées il finit par s'assoupir, lobo en profita pour sortir doucement de la tanière, monta sur un rocher, et, à la pleine lune, ronde et si belle en cette nuit d'hiver, elle hurla tout son amour pour ce loup blanc qu'elle garderait à tout jamais dans son coeur.
 
En ce jour de noël, le hurlement de Lobo remerciait le ciel de l'avoir conduite sur le chemin de ce magnifique loup. En l'entendant, loup blanc se redressa puis sortit lui aussi et vint près d'elle, il joignit son hurlement au sien. Ils se regardèrent et tout d'eux avec la certitude que seul la mort pouvait les séparer, car désormais, ils poursuivraient ce chemin venu du destin, ensemble, accompagné des petits qui eux aussi un jour deviendront de magnifiques loups et feront leur vie.
 
Loup blanc et Lobo regagnèrent tranquillement leur demeure. Et ce soir là, la louve s'endormit sereine, car au fond d'elle même, elle savait que désormais elle ne vivrait plus seule.  
 
 

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 Chesmu : plein d'esprit
 
 
 
 
 

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Inoubliable Sissi.

Vendredi 17 Octobre 2008 à 18:18

Publié par La main et la plume2 dans Les légendes.

 
 
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AVANT-PROPOS

 

Au cours de l’été dernier, l’un des rares possesseurs du petit livre intitulé "Une Villégiature en Pays de Caux" de M.Albert Perquer, m’avait confié son exemplaire en le recommandant à mes bons soins. J’avais découvert dans ce texte rédigé en 1897 dans un style à la fois désuet et ravissant, une relation pittoresque du séjour de l’impératrice Elisabeth d’Autriche au château de Sassetot pendant l’été de 1875.

Aussitôt après sa lecture, il m’avais paru dommage de laisser ces lignes tomber définitivement dans l’oubli et au contraire, utile de les faire connaître à nos contemporains. En effet, depuis la disparition d’Elisabeth d’Autriche assassinée à Genève le 10 Septembre 1898, le livre de M. Perquer est le seul qui relate en détail son séjour à Sassetot parmi les très nombreux ouvrages consacrés à la célèbre souveraine. Il suffit, pour se convaincre de l’intérêt qu’il doit encore susciter, de constater le nombre de touristes français et étrangers, -y compris autrichiens-, qui viennent en une sorte de pélerinage, séjourner à leur tour ou simplement connaître le village où Sissi a vécu un court mais légendaire épisode de sa vie.

A l’occasion de cette réédition, j’ai pensé opportun d’ajouter un court commentaire sur certaines informations données par l’auteur et quelques traits du caractère assez particulier de cette femme belle et émouvante qui a si fortement imprégné les esprits même au delà de son époque..

 

 

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 Sissi, est une ravissante jeune princesse, très mince, grande, avec des cheveux bruns magnifiques. Âgée de 15 ans quand notre histoire commence, elle est dissipée et gaie et fait le bonheur de tous ceux qui l'approchent. Elle grandit sans contrainte entre le palais de Munich où elle passe l'hiver et le château de Possenhofen au pied des Alpes où elle passe ses vacances en compagnie de ses nombreux frères et sœurs. C'est cet endroit qu'elle préfère  car  elle  y retrouve ses chiens, ses chevaux qu'elle aime tant,  les longues marches dans la campagne en compagnie de ceux qu'elle affectionne et cette merveilleuse liberté à laquelle elle est si attachée. Sissi est une très grande cavalière, montant en amazone les chevaux les plus fougueux et les plus difficiles, elle adore partir seule au grand galop dans les sentiers de la campagne environnante à la recherche de la faune sauvage qu'elle observe avec ravissement. Elle a une très grande adoration pour son père, le duc Maximilien en Bavière, qui est un être extravagant et qui voyage beaucoup. Elle ne le voit malheureusement que très rarement mais lorsqu'il est là, le duc passe de longues heures à s'amuser dans le parc avec ses huit enfants, à chasser, à jouer de la cithare et à déclamer de la poésie. Il a d'ailleurs une préférence pour sa "petite fille de Noël" comme il l'appelle souvent car elle est née le 25 décembre, et lui apprend la botanique et l'astronomie qui le passionnent. Comme son père, Sissi aime la nature, les animaux, Possenhofen et son lac devant lequel elle passe de longues heures à rêver, à dessiner et à écrire de la poésie. C'est une jeune fille romantique et insouciante.

En mars 1848, alors que Sissi a 10 ans, la Révolution qui se propage partout en Europe oblige l'empereur Ferdinand d'Autriche à abdiquer en faveur de son neveu François-Joseph. Le jeune homme que sa famille et ses amis surnomment Franzi ou Franz, est alors âgé d'à peine 18 ans. Remarquablement éduqué par sa mère l'archiduchesse Sophie, François-Joseph va se consacrer toute sa vie au bien être de son Empire et de son peuple... ce qui sera une tâche très lourde et très difficile. Son règne va durer 68 ans, jusqu'en 1916... l'un des plus longs règnes de l'histoire de l'Europe.

 

Sophie songe bientôt à marier son fils. Comme il travaille beaucoup, elle décide de se charger de lui trouver la femme qu'il lui faut. Son choix se porte sur sa nièce Hélène, la fille de sa sœur Ludovica. Cette jeune fille âgée de 19 ans, jolie, douce et rangée fera un très bonne impératrice pense-t-elle. Mise au courant, Ludovica se montre enchantée de cette proposition pour sa fille. Les deux mères s'étant entendues, il ne leur reste plus qu'à recueillir le consentement des deux futurs époux. Mais cette petite formalité ne les inquiète pas du tout. Sophie est habituée à ce que Franzi lui obéisse en tout; quant à Ludovica, elle est sûre que le charme et la beauté de sa fille sauront conquérir le cœur de François-Joseph.

C'est ainsi qu'au mois d'août 1853, Sophie et Ludovica décident de se retrouver à Ischl dans les montagnes afin de fiancer leurs deux enfants. Parmi les réjouissances prévues, Sophie organise un bal pour l'anniversaire de son fils qui doit avoir lieu le 18 août. Il est entendu qu'au cours du bal, Franzi demandera officiellement la main d'Hélène en lui offrant un magnifique bouquet de fleurs.

A Possenhofen, les préparatifs vont bon train; Hélène, à la fois ravie et angoissée de l'honneur qui lui échoit, passe beaucoup de temps à préparer ses toilettes et sa robe de bal. Elle va devenir Impératrice d'Autriche! Cela paraît à peine croyable! Sa mère a décidé qu'elles feront le voyage seules toutes les deux sans les autres enfants qui resteront tranquillement à Possenhofen. Mais au dernier moment, Ludovica change d'avis et décide d'amener sa seconde fille Élisabeth "Sissi". Ces mondanités, pense-t-elle lui feront le plus grand bien et lui apprendront à bien se tenir dans le monde.

Le lendemain de leur arrivée, l'Archiduchesse Sophie organise un petit goûter de bienvenue pour présenter Franzi à la femme qu'elle lui a choisi. On leur sert du thé et des pâtisseries viennoises couvertes de crème chantilly. Hélène est merveilleuse dans sa nouvelle robe, elle se tient droite et est un peu intimidée. Son cousin se montre poli et aimable envers elle mais il est bientôt subjugué par Sissi qui est assise en bout de table et qui a du mal à se tenir tranquille.

Ce soir là, Sophie convoque son fils dans sa chambre pour qu'il lui dise ce qu'il a pensé d'Hélène. "Hélène est merveilleuse, n'est ce pas? Elle fera une excellente impératrice"...

- "Non, pas Hélène, Maman!... Sissi! C'est Sissi que je veux épouser." Lui réplique-t-il.

Cette annonce fait l'effet d'un coup de tonnerre pour la malheureuse Sophie. Comment! Sissi! Elle l'a à peine regardée mais elle a remarqué qu'elle est fort mal élevée et qu'elle ne sait pas tenir en place. Sissi! Comment peut-on vouloir épouser Sissi! Cette petite fille encore mal dégrossie; encore une enfant! Elle n'a aucune des qualités de la sage Hélène! Comment faire de cette enfant une impératrice digne et posée?

Mais Franz ne veut plus rien entendre, il épousera Sissi ou ne se mariera pas!

Le lendemain 18 août, jour du 23ème anniversaire de l'empereur a lieu le bal pendant lequel il doit annoncer ses fiançailles. Franzi a émis le souhait que Sissi malgré son jeune âge, soit présente au bal. Ludovica, qui ne se doute de rien, a dû remuer ciel et terre pour lui trouver une robe digne d'un bal avec l'empereur. A la fin de la soirée, Franzi s'approche de Sissi qui est debout à côté de sa sœur, et, devant l'assistance médusée, il lui offre le bouquet de fiançailles. Sissi est terriblement embarrassée et ne comprend pas pourquoi Franzi ne donne pas le bouquet à Hélène. Hélène quant à elle, comprend soudain que son cousin veut épouser sa sœur et non pas elle, et avec beaucoup de dignité elle s'éloigne. Après le bal, les deux sœurs s'embrassent tendrement, Hélène rassure Sissi en lui disant qu'elle ne voulait pas épouser Franzi car elle n'était pas amoureuse de lui. Quant à Sissi elle soupire "J'aime Franz!... Mais si seulement il n'était pas empereur!"

La date du mariage est fixée pour le mois d'avril 1854. Cette année passe comme un rêve pour Sissi occupée à parfaire son éducation en vue d'être l'impératrice de l'Empire d'Autriche! Elle va régner sur 40 millions d'habitants! Elle doit ainsi apprendre les langues de l'empire comme le tchèque, le hongrois si difficile et l'italien. Elle s'intéresse beaucoup à l'histoire et à la géographie mais se passionne pour tout ce qui touche à la Hongrie. Franz pendant toute cette année est très occupé par les affaires du royaume. Il parvient néanmoins à se libérer quelque fois et à voler vers Possenhofen pour retrouver la jeune fille.

Enfin, le 20 avril 1854 Sissi se met en route vers sa destinée; naviguant sur le Danube elle parvient à Vienne où elle passe sa première nuit à Schönbrunn...

Elle a 16 ans et elle va devenir Impératrice d'Autriche!...

Le lendemain, elle fait son entrée officielle dans la ville de Vienne aux côtés de sa mère dans le carrosse doré qui a autrefois appartenu à l'Empereur Napoléon Bonaparte. Sa belle-mère Sophie est sans cesse présente à ses côtés pour la sermonner et lui dire les choses qu'elle doit faire ou ne pas faire...

Les cérémonies du mariage sont somptueuses, l'empire est en liesse enchanté de la jeunesse et de la beauté de leur nouvelle souveraine. Sissi si gracieuse, est immédiatement adorée de son peuple qui lui souhaite de longues années de bonheur. Tout semble lui sourire; mais hélas, elle va bientôt détester sa nouvelle vie. Contrairement à ce dont elle avait rêvé, elle voit à peine son mari qui travaille énormément se consacrant tout entier à son empire. Le jeune empereur cependant ne l'oublie pas; il fait tout ce qui est dans son pouvoir pour lui rendre la vie agréable : il lui permet de chevaucher auprès de lui pendant les chasses (ce qui fait scandale à l'époque.) d'avoir quantité de chiens auprès d'elle dans les salons, d'avoir une baignoire personnelle. (On n'avait jamais vu ça dans la famille impériale) et même de transformer une des pièces du château en salle de sport. (Sissi y passera de très longues heures malgré les remontrances horrifiées de sa belle-mère).

Malgré toutes ces bontés, la jeune impératrice se sent enfermée et étouffée, sans cesse surveillée par sa belle-mère et par les gens du palais. Elle appelle le palais impérial de Vienne, la Hofburg " la prison", et a une terrible nostalgie de Possenhofen et de sa liberté perdue à tout jamais.

Très vite après son mariage elle fuira Vienne, voyageant sans cesse à la découverte de pays ensoleillés comme l'Italie ou la Grèce où elle fera bâtir de magnifiques villas... Dans lesquelles elle n'habitera jamais.

 

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Sissi Reine de Hongrie

 

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Sassetot-le-Mauconduit, le 15 Septembre 1998

André Cochet

 

L'histoire de Sissi En mars 1848, alors que Sissi a 10 ans, la Révolution qui se propage partout en Europe oblige l'empereur Ferdinand d'Autriche à abdiquer en faveur de son neveu François-Joseph. Le jeune homme que sa famille et ses amis surnomment Franzi ou Franz, est alors âgé d'à peine 18 ans. Remarquablement éduqué par sa mère l'archiduchesse Sophie, François-Joseph va se consacrer toute sa vie au bien être de son Empire et de son peuple... ce qui sera une tâche très lourde et très difficile. Son règne va durer 68 ans, jusqu'en 1916 ... l'un des plus longs règnes de l'histoire de l'Europe. Sophie songe bientôt à marier son fils. Comme il travaille beaucoup, elle décide de se charger de lui trouver la femme qu'il lui faut. Son choix se porte sur sa nièce Hélène, la fille de sa sœur Ludovica. Cette jeune fille âgée de 19 ans, jolie, douce et rangée fera un très bonne impératrice pense-t-elle. Mise au courant, Ludovica se montre enchantée de cette proposition pour sa fille. Les deux mères s'étant entendues, il ne leur reste plus qu'à recueillir le consentement des deux futurs époux. Mais cette petite formalité ne les inquiète pas du tout. Sophie est habituée à ce que Franzi lui obéisse en tout; quant à Ludovica, elle est sûre que le charme et la beauté de sa fille sauront conquérir le cœur de François-Joseph. C'est ainsi qu'au mois d'août 1853, Sophie et Ludovica décident de se retrouver à Ischl dans les montagnes afin de fiancer leurs deux enfants. Parmi les réjouissances prévues, Sophie organise un bal pour l'anniversaire de son fils qui doit avoir lieu le 18 août. Il est entendu qu'au cours du bal, Franzi demandera officiellement la main d'Hélène en lui offrant un magnifique bouquet de fleurs. A Possenhofen, les préparatifs vont bon train; Hélène, à la fois ravie et angoissée de l'honneur qui lui échoit, passe beaucoup de temps à préparer ses toilettes et sa robe de bal. Elle va devenir Impératrice d'Autriche! cela paraît à peine croyable! Sa mère a décidé qu'elles feront le voyage seules toutes les deux sans les autres enfants qui resteront tranquillement à Possenhofen. Mais au dernier moment, Ludovica change d'avis et décide d'amener sa seconde fille Élisabeth - Sissi. Ces mondanités, pense-t-elle lui feront le plus grand bien et lui apprendront à bien se tenir dans le monde. Le lendemain de leur arrivée, l'Archiduchesse Sophie organise un petit goûter de bienvenue pour présenter Franzi à la femme qu'elle lui a choisi. On leur sert du thé et des pâtisseries viennoises couvertes de crème chantilly. Hélène est merveilleuse dans sa nouvelle robe, elle se tient droite et est un peu intimidée. Son cousin se montre poli et aimable envers elle mais il est bientôt subjugué par Sissi qui est assise en bout de table et qui a du mal à se tenir tranquille. Ce soir là, Sophie convoque son fils dans sa chambre pour qu'il lui dise ce qu'il a pensé d'Hélène. "Hélène est merveilleuse, n'est ce pas ? elle fera un excellente impératrice"... - "Non, pas Hélène, Maman... Sissi ! c'est Sissi que je veux épouser." lui réplique-t-il. Cette annonce fait l'effet d'un coup de tonnerre pour la malheureuse Sophie. Comment! Sissi! Elle l'a à peine regardée mais elle a remarqué qu'elle est fort mal élevée et qu'elle ne sait pas tenir en place. Sissi! comment peut-on vouloir épouser Sissi! cette petite fille encore mal dégrossie; encore une enfant! Elle n'a aucune des qualités de la sage Hélène! Comment faire de cette enfant une impératrice digne et posée?

 

 

La légende de

Sissi Impératrice. Son destin tragique était écrit  

Hommage à Sissi, Impératrice d'Autriche, reine de Hongrie

 

Sissi l'Impératrice triste

 

QUELQUES REFLEXIONS

SUR LE RECIT DE M. A.PERQUER

  

"VILLEGIATURE IMPERIALE EN PAYS DE CAUX"

 

Chacun s’est depuis longtemps rendu compte qu’il suffit de prononcer le nom de "Sissi" pour que, le plus souvent, il évoque aussitôt la gentille et regrettée Romy Schneider, la compatriote bavaroise d’Elisabeth d’Autriche. A se demander que, si elle n’avait pas incarné ce séduisant et romantique personnage au cinéma, le grand public n’aurait pas ignoré jusqu’à l’existence de l’attachante épouse de l’empereur François-Joseph de Habsbourg ? Pourtant, bien longtemps auparavant, les historiens et les biographes avaient décrit sa vie et celle des membres de sa famille et ce sont leurs oeuvres qui ont incité les cinéastes à créer par la suite les scénarios à succès que l’on connait.

Comme tout bon Sassetotais, je regrette seulement que ceux-ci n’aient pas comportés une courte séquence à son séjour en ce château de Sassetot-le-Mauconduit, juché haut sur la falaise du littoral cauchois, entre Dieppe et Fécamp, dont elle avait fait sa résidence estivale au cours de l’été de l’année 1875.

M. Albert Perquer, auteur en 1897, du petit livre, aujourd’hui introuvable, intitulé "Villégiature Impériale en Pays de Caux" était, en ces temps déjà lointains, propriétaire de ce beau domaine. Son récit écrit dans un style désuet et ravissant, a souvent constitué pour les auteurs de son époque, un schéma aux chapitres qu’ils ont consacrés à ces moments, en y ajoutant, selon leurs propres sources, des informations parfois différentes de celles données par Mr. Perquer.

L’ensemble de ces oeuvres a provoqué parmi les lecteurs, en France comme ailleurs, deux principaux courants d’opinions en créant à la fois de véritables inconditionnels d’Elisabeth d‘Autriche qui voient en elle une sainte de vitrail, alors que d’autres la dépeignent, avec non moins d’exagération, comme une nature oisive, anorexique et narcissique, autant que colérique voire hystérique : Ce qui a fait dire à Catherine Clément avec beaucoup de philosophie dans son livre "l’Impératrice Anarchiste": " à chacun son Elisabeth".

Personnellement il me semble qu’après la disparition de tous les témoins proches de son existence, personne n’est plus en mesure d’apporter actuellement de nouveaux arguments quant à ses qualités et ses défauts et que, par conséquent, il convient de demeurer objectif en ce domaine sans prétendre détenir une vérité exclusive. Quoi qu’il en soit, chacun s’accorde au moins à reconnaître en elle, une Sissi qui se serait parfaitement accommodée des usages de notre époque alors que, contre son gré, elle s’était vue condamnée à évoluer au sein d’un proche environnement qui, lui, retardait d’un siècle. Cette constatation devrait suffire à justifier un comportement qui correspondait à la fois à son tempérament et à la simplicité de son éducation.

 

Dans son ouvrage, M. Perquer, en dehors de sa relation personnelle avec les faits, reprend avec quelques variantes, les commentaires parus dans la Presse locale du moment. Résidant lui-même au Havre au cours de cette même période, il n’a sans doute guère assisté à des événements qu’il a décrit vingt deux années plus tard. Il est vraisemblable, dit-on à Sassetot, que le canevas de son livre lui a été inspiré en grande partie par les notes de M. Deshaies, le régisseur de son domaine en 1875. En effet, ce dernier logeant dans une grande maison de fonction, intimement insérée dans le périmètre de la propriété, se trouvait particulièrement bien placé pour témoigner des faits qui se déroulaient près de lui et recueillir les confidences des quelques domestiques français, provisoirement mis au service de Sa Majesté.

 

Cent trente trois ans se sont écoulés depuis et les Sassetotais d’aujourd’hui se sentent, à vrai dire, peu concernés par ces lointaines circonstances. Quelques souvenirs transmis par leurs aînés demeurent néanmoins présents dans les esprits de quelques uns d’entre eux, et plus particulièrement chez les descendants de familles titrées des environs dont les arrières grands-parents se préoccupaient davantage de l’impériale présence qu’on ne le faisait dans les milieux modestes. Il apparaît que la plupart, peut être un peu par dépit de n’avoir pas été reçus par elle, n’ont pas toujours partagé les éloges qui ont été décernés à la visiteuse. Par contre, les uns et les autres ont reconnu à la fois son attitude familière envers les gens de simple condition et l’éloignement rigoureux qu’elle maintenait précisément à l’égard de l’aristocratie locale et des personnalités officielles de la région. Déjà, avant son départ pour la France, Elisabeth avait exprimé son désir de s’isoler dans un endroit tranquille, sans être dérangée. Cette règle de conduite explique en partie son attitude envers les notables locaux. On peut remarquer le reflet de son caractère bien particulier dans ce curieux besoin d’isolement, très relatif, en compagnie d’une suite de courtisans relativement importante et attentive à ses moindres désirs.

La brièveté de l’exposé d’Albert Perquer complété par les nombreuses pages consacrées à des personnages locaux hauts en couleurs, démontre que la discrétion régnait dans l’entourage de Sa Majesté. Par ailleurs, l’usage des langues allemande et hongroise utilisées par les nobles étrangers, ne permettait évidemment pas aux Sassetotais d’entendre et d’interpréter les conversations qu’ils auraient pu surprendre.

Mais, reprenons cette période en essayant d’en bien situer le cadre et d’actualiser la description de M. Perquer.

La construction du château de Sassetot avait été entreprise en 1757 par celui que l’on nomme ici familièrement Monsieur Bigot. Il s’agissait en réalité de Jean-Robert Bigot du Heaume de la Turgère, un gentilhomme issu d’une très ancienne famille de la région. La Révolution avait fait ensuite de l’édifice, le logement de soldats de l’An II, avec toutes les conséquences préjudiciables qu’une telle occupation allait produire. Par la suite, la fille du propriétaire, épouse d’un marquis de Martainville, l’avait légué à son fils Adrien-Charles de Martainville, qui fut Maire de Rouen et avait entrepris la remise en état de l’élégant bâtiment pour en faire ce qu’il est aujourd’hui. Il y mourut en 1847 en le donnant en héritage à son fils François-Charles Esmeri. Ce dernier n’ayant pas eu d’enfant le transmis à son tour à son cousin et ami, le marquis Paul Deschamps de Boishébert. Après son décès, survenu en 1862, le château de Sassetot allait devenir la propriété de celui qui, très probablement, s’est trouvé à l’origine du séjour à Sassetot de "Sissi", impératrice d’Autriche, Reine de Hongrie.

Le jeune et oisif marquis Jean de Boishébert, fils de Paul du même nom, qui hantait alors les salons de la plaisante société parisienne du Second Empire, s’était fait une solide réputation de joyeux fêtard. Après avoir organisé dans le château hérité de son père, des réceptions mondaines ruineuses, il avait finalement dilapidé sa fortune dans les casinos, à tel point que, comme on l’aurait fait pour un mineur un simple d’esprit, un conseil de famille avait décidé de lui adjoindre un tuteur en la personne de Monsieur de Saint-Wulfran. Chargé de régler les dettes de jeu que son pupille avait éparpillées à Monte-Carlo et ailleurs, l’une des premières mesures qu’il avait prises pour y parvenir, avait été, dès 1871, de mettre le château en vente ainsi que les 300 hectares de terres qui formaient l’ensemble de la propriété. C’est ainsi qu’au début de l’année 1872, M. Albert Perquer qui, du Havre, armait des bateaux pour les Antilles, s’en était rendu acquéreur.

Trois ans plus tard, Jean de Boishébert, le noble flambeur dépossédé de son bien, s’étant semble- t-il, assagi et marié, se trouvait à Vienne en qualité d’Attaché à l’Ambassade de France. Nanti de son titre nobiliaire, il avait l’avantage de compter parmi les personnalités reçues à la Cour impériale et royale d’Autriche. Or, au début de cette année 1875, les médecins de ce noble entourage venaient de prescrire une cure d’air iodé, ainsi que des bains de mer à la fille préférée de l’impératrice, la jeune Marie-Valérie alors âgée de sept ans, tandis que, depuis quelques temps et contre l’avis de son époux, l’empereur François-Joseph, la souveraine avait formé le projet de se rendre en villégiature en France. Comme à l’accoutumée l’empereur, d’abord réticent, s’était incliné devant le désir de celle qu’il vénérait.... Restait à découvrir dans cette nouvelle et inquiétante République, un agréable lieu de résidence sur son littoral atlantique. Cet ensemble de circonstances donnent à penser que Jean de Boishébert les avaient mises à profit pour convaincre les docteurs de la Hofburg, en s’employant à leur vanter la qualité exceptionnelle de l’air du littoral cauchois et plus particulièrement celui de son ancien domaine sassetotais.

La suggestion de notre compatriote avait été retenue très tôt puisque, dès le mois de mai 1875, M.Perquer avait reçu la visite inattendue d’un personnage étranger, fort distingué arrivant dans un coupé de louage, et qui se trouvait en mission de reconnaissance en Pays de Caux. On avait appris ensuite de M. Daniel Banse, Président des Amis du Vieux Fécamp qu’il s’était déjà renseigné auprès de M. Auguste Le Borgne, Vice-Consul d’Autriche-Hongrie dans la ville, sur les avantages du château de Sassetot lequel, visiblement, avait déjà retenu son choix, négligeant ouvertement les autres nobles demeures des environs. Une première fois, se rendant sur les lieux, en l’absence du propriétaire, il avait demandé au portier de lui faire visiter la résidence et le grand parc aux arbres centenaires.

Quarante-huit heures plus tard, l’étranger était de retour dans le village et, sans révéler son identité, avait eu une première entrevue avec M.Perquer, avec l’intention de solliciter la location de son château pour les mois de juillet, août et septembre. Poliment éconduit, il s’était néanmoins représenté à la grille du parc deux jours plus tard et, afin de vaincre cette fois-çi les réticences du châtelain, s’était présenté comme étant M. Carl Linger, officier de l’armée autrichienne, intendant à la cour et mandataire de la Comtesse de Hohenembs, lui glissant à l’oreille que ce titre était l’un de ceux appartenant à l’Impératrice d’Autriche-Reine de Hongrie. Il avait également précisé à son interlocuteur médusé, que le montant du loyer, quelqu’il soit, ne présenterait aucun problème au projet. Devant tant d’arguments convaincants, Monsieur Perquer avait alors courtoisement mis son bien à la disposition de la souveraine.

L’affaire avait été conclue par une lettre de l’intendant Carl Linger adressée en mai 1875, à Madame Perquer représentant son mari absent, lui confirmant que les conditions ayant été acceptées à Vienne, la location serait effective à partir du 15 juillet jusqu’au 15 octobre, moyennant la somme forfaitaire de 30.000 francs-or, le tout assorti d’un dédit de 10.000 francs. Dans une courte réponse à Monsieur Linger, Madame Perquer, qui pensait à tout, précisait ( détail amusant) qu’en outre "12 stalles d’écurie seraient à la disposition du locataire mais qu’elle se réservait les greniers au-dessus des remises... ainsi que les fumiers!...

Le montant de ce loyer exigé en 1875, c’est-à-dire en un temps où l’on comptait plutôt en petits sous qu’en francs, représenterait actuellement une petite fortune et il est possible que cette manne inattendue qui lui tombait aux pieds ait incité M.Perquer à louanger, encore 22 ans plus tard, une si généreuse locataire.

Pourtant, les dégradations causées par les négligences et les bombances des occupants avaient nécessité des remises en état qui avaient entamé le bénéfice du propriétaire. C’est ainsi, par exemple, que les marches du grand escalier abimées par les lourdes malles trainées sans précautions dans celui-ci, durent être refaites et que de sérieux nettoyages et divers travaux avaient du être entrepris dans l’ensemble des pièces et de leurs placards "maculés de confitures". Il est vrai que l’attitude antérieure de la France, favorable à la Prusse au détriment de l’Autriche avant sa défaite à Sadowa, n’incitait pas nos hôtes à se montrer délicats envers les Français.

Dans les nombreux ouvrages consacrés à Elisabeth d’Autriche, on a beaucoup fait allusion à sa générosité. A en croire Mr. Littré, quelqu’un d’autrefois a dit "La générosité est la vertu des grandes dames".Si l’on