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Etre jeune.

Samedi 10 Mai 2008 à 11:48

Publié par La main et la plume2 dans Poètes connus

 

 
Proberbe du jour
 
"On est aussi vieux que notre pessimisme,
aussi jeune que notre envie de vivre"
 
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Je suis très jeune dans ma tête et j'aime la vie même avec tout ce que j'ai vécu de dramatique. Ca m'a forgé le caractaire et m'a appris à ne rien prendre au tragique.
 
Les obstacles  mis sur mon chemin, je les assume et comme tout le monde, j'appréhende les retombées; mais je les surmonte et je repart de plus belle.
J'aime la vie, la nature et tout ce qu'elle m'apporte!
Elle vaut la peine d'être vécu!

 *********
 
  

 Etre jeune 

 

 

La jeunesse n'est pas une période de la vie.
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l'imagination: une intensité émotive.
Une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années:
on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau: renoncer à son idéal ride l'âme..
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande comme l'enfant insatiable: Et après?
Il défie les événements et
trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

Si un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme
et rongé par le cynisme,
Puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
  

 


Samuel Ullman

 

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Merci à mon amie et soeur de coeur, Diva-Créations pour cette belle animation. 

 

 

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Aujourd'hui plus qu'hier...

Lundi 09 Juin 2008 à 10:58

Publié par La main et la plume2 dans Poètes connus

 

 

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Parce que ce qu'en écrivent les bijoutiers parle mieux que je ne saurais le faire,

je vais ici noter ce qui est écrit sur les paquets renfermant ce qu'on appelle...

la "médaille d'amour... "

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C'est en 1907, qu'Alphonse AUGIS, joaillier à Lyon, s'inspirant d'un poème dédié par la poétesse Rosemonde GERARD à son mari l'écrivain Edmond ROSTANG, créa "la " Médaille d'Amour "... Il avait eu l'idée d'en transcrire les 2 vers : Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage Aujourd'hui + QU'HIER Et bien - QUE DEMAIN Sous forme figurative, gravée exclusivement dans le métal précieux. Ce délicat bijou, symbolique par excellence, traduit dans de nombreuses langues, est depuis très apprécié dans le monde entier. La médaille d'Amour rappelle sans cesse la ferveur des sentiments éternels. " 
 



*Je ne résiste pas au plaisir de vous recopier ici le poème complet de Rosemonde GERARD*
 

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Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs

Au mois de Mai, dans le jardin qui s'ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants ;
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encor de jeunes amoureux,
Et je te sourirai, tout en branlant de la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux ;
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
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Sur le banc familier, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois, nous reviendrons causer.
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant souvent par un baiser ;
Combien de fois, jadis, j'ai pu dire : " Je t'aime ! "
Alors, avec grand soin, nous le recompterons,
Nous nous ressouviendrons de mille choses,
même De petits riens exquis dont nous radoterons ;
Un rayon descendra, d'une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand, sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois, nous reviendrons causer.

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Et, comme chaque jour je t'aime davantage,
- Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain -
Qu'importeront alors les rides du visage
Si les mêmes rosiers parfument le chemin.
Songe à tous les printemps qui, dans nos coeurs, s'entassent
Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens ;
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent
Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens ;
C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,
Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main,
Car vois-tu, chaque jour, je t'aime davantage,
"Aujourd'hui Plus qu' hier et bien m
oins que demain" 

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Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs
Au mois de Mai, dans le jardin qui s'ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants ;
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encore aux heureux jours d'antan,
Et je te sourirai, tout en branlant la tête,
Et tu me parleras d'amour en chevrotant ;
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec des yeux remplis des pleurs de nos vingt ans...
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs !
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Rosemonde GERARD à Edmond ROSTANG

 

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Cueillez dès aujourd'hui...

Lundi 09 Juin 2008 à 18:04

Publié par La main et la plume2 dans Poètes connus

 

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     Sonnet à Hélène 

   

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, 
 Assise auprès du feu, dévidant et filant,
 Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
 « Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »

5 Lors, vous n'aurez servante oyant   telle nouvelle,
 Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
 Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
 Bénissant votre nom de louange immortelle.

 Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
10 Par les ombres myrteux   je prendrai mon repos ;
 Vous serez au foyer une vieille accroupie,

 Regrettant mon amour et votre fier dédain.
 Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
 Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. 

  
Pierre De  Ronsard (1524-1585)

 

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INTRODUCTION

Prendre conscience du temps qui conduit à évoquer la vieillesse, c'est ce que fait Ronsard dans ce sonnet adressé à Hélène. Si elle se reconnaît dans l'image cruelle d'une jeune femme nostalgique, elle comprendra qu'il faut profiter du présent. La vie humaine est aussi brève que celle des roses.
 

On pourra analyser successivement :
I. L'originalité de la demande amoureuse.
II. La célébration de la poésie
 

I. ORIGINALITÉ DE LA DEMANDE AMOUREUSE

1. Une image peu flatteuse.

Sa beauté est passée. Ce sonnet a été écrit pour Hélène, or il ne cherche pas à la célébrer mais lui renvoie plutôt une image peu flatteuse d'elle même. Sa beauté n'apparaît qu'à l'imparfait « Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle » (v.4).
Son dédain. Au moral non plus, Hélène n'est pas célébrée. Son attitude en face de Ronsard est évoquée pour être regrettée. Elle apparaît en effet dans une attitude de dédain en face de l'amour qui lui est offert « regrettant mon amour et votre fier dédain » (v.12).
Sa vieillesse, non sans une certaine cruauté, Ronsard préfère envisager l'heure des souvenirs mélancoliques. A deux reprises, il se plaît à faire envisager à Hélène sa vieillesse : « Quand vous serez bien vieille » (v.1), « vous serez au foyer une vieille accroupie » (v.11).

2. La précision de la scène

Au vers 1, les circonstances : "au soir", "à la chandelle", qui permettent d'imaginer la scène ne manquent pas de douceur. En effet, l'heure choisie s'accorde avec l'âge et la chandelle (éclairage réservé aux riches du XVIème siècle) rappellent discrètement l'aisance matérielle d'Hélène.
L'évolution vers la familiarité : L'adjectif vieille n'était au vers 1 qu'un attribut d'Hélène et non sa caractéristique essentielle. Au vers 11, Ronsard y substitue le substantif "une vieille" signifiant qu'Hélène n'a plus d'autre qualité que la vieillesse.
Au même vers 11 s'achève le tableau avant l'apostrophe finale : « Vous serez au foyer une vieille accroupie ». Le participe passé "accroupie" apparaît brutal. Il est resté en quelque sorte l'écho réaliste du participe "assise" du vers 2. Ce qui confirme cette idée, c'est que le groupe de mots "au foyer" reprend l'expression "auprès du feu".
Ronsard est donc devenu plus cynique. De plus, la douceur du rythme initial bien cadencé « Quand vous serez bien vieille / au soir, à la chandelle » a disparu au vers 11, alexandrin d'une seule traite.
La solitude d'Hélène : En outre, la vieillesse d'Hélène ne se trouve nullement douce : Sa vie parait au contraire particulièrement monotone. D'abord parce que Ronsard a l'habileté de la présenter seule et non entourée d'enfants ou petits enfants. La seule présence que l'on perçoive autour d'elle est celle des domestiques.
La monotonie de sa vie : En outre, la vie d'Hélène semble bien monotone. Le rythme des vers 2-3 coupés à l'hémistiche donne l'impression d'une vie trop bien réglée qui ne manque pas de susciter le regret du passé.

3. La nostalgie

Les  formes du regret. Le participe "regrettant" au vers 12 a un double sens : Il signifie à la fois éprouvant de la nostalgie à l'égard de mon amour pour vous et regrettant de ne pas y avoir répondu. Ce regret, Ronsard se plait à le faire durer en employant les participes présents chantant et vous émerveillant. Transférés à la servante, les participes présents du second quatrain jouent le même rôle nostalgique : « Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant »
La projection dans le futur aux vers 13 et 14. Le poète lance à Hélène son appel : « Vivez si m'en croyez. » (v.13-14). Dans ces deux vers, il ne cherche pas à montrer que la beauté actuelle d'Hélène contredit à l'annonce de sa décrépitude : omettant de lui redire qu'elle est belle (adj. belle au passé) comme s'il voulait par là qu'Hélène prenne bien conscience du caractère fugitif de sa beauté. C'est parce que cette beauté est éphémère qu'elle a besoin de la poésie de Ronsard.
 

II. LA CÉLÉBRATION DE LA POÉSIE

1. La présence du poète

D'une part, Ronsard se consacre à peu près autant de vers qu'à Hélène.
D'autre part, il a soin de ne pas se mettre en scène au moment crucial de sa vieillesse.
De plus, alors qu'Hélène n'a pas droit à être nommé dans ce poème (elle n'acquerra ce droit que si elle cède à l'amour de Ronsard), le poète se cite deux fois.

2. Une mort très douce

Plus que sa vieillesse, c'est son fantôme qu'il met en scène et sa mort même semble légère. Là où Hélène était accroupie, Ronsard se repose parmi des arbres consacrés à Vénus. Certes le poète meurt, mais il continue à vivre dans les mémoires.
Chacun sur terre se souvient de lui, Hélène bien sûr : « Direz chantant mes vers » (v.3) mais encore l'ensemble de ses servantes se souviennent de Ronsard. L'expression « lors vous n'aurez servante » (v.5) a un caractère absolu. Elle signifie toutes les servantes. Ronsard est au cour du dialogue qu'il imagine entre Hélène et ses servantes, et c'est la force de son seul nom qui les tire de leur somnolence.

3. Le nom de la gloire

L'orgueil du poète ici ne manque pas de finesse puisqu'il envisage sa gloire pour la faire rejaillir sur Hélène : « bénissant votre nom de louange immortelle » (v.8). Ne pouvant plus célébrer Ronsard mort, la servante transfert son admiration à celle qui lui a inspiré des poèmes, ce qui permet à Ronsard, écrivain de ce texte, de célébrer Hélène.
Ainsi Ronsard a vaincu la mort. Au nom de la poésie Hélène devrait donc répondre de son amour : « Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain ».

CONCLUSION

De façon inattendue, Ronsard mêle deux thèmes communs : d'une part l'épicurisme et la poursuite du bonheur, d'autre part l'immortalité que prodigue la poésie. Ce poème est une forme de provocation puisque Ronsard projette par Hélène une vision réaliste de son avenir mais il est aussi un appel à vivre le présent pour vaincre la mort (Carpe diem).  

 

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L'enfance

Lundi 23 Juin 2008 à 16:55

Publié par La main et la plume2 dans Poètes connus

 

 

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L'enfance

 

Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance

Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,

Je coulais ma douce existence,

Sans songer au lendemain.

Que me servait que tant de connaissances

A mon esprit vinssent donner l'essor,

On a pas besoin des sciences,

Lorsque l'on vit dans l'âge d'or!

Mon coeur encore tendre et novice,

Ne connaissait pas la noirceur,

De la vie en cueillant les fleurs,

Je n'en sentais pas les épines,

Et mes caresses enfantines

Etaient pures et sans aigreur.

Croyais-je exempt de toute peine

Que, dans notre vaste univers,

Avaient établi leur domaine?

Nous sommes loin de l'heureux temps

Règne de Saturne et de Rhée,

Où les vertues, les fléaux des méchants,

Sur la terre étaient adorées,

Car dans ces heureuses contrées,

Les hommes étaient des enfants.

 

 

                                                                    Gérard De Nerval - (1808 - 1855)

 

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Ma main gauche.

Samedi 23 Août 2008 à 11:52

Publié par La main et la plume2 dans Poètes connus

 

 

 

 

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Une petite anecdote en passant.

J'ai eu la main gauche presque amputée au niveau de la moitié externe du poignet et ce,  jusqu'au milieu de la paume. Mon  majeur fût, en tombant sur un outil tranchant, endomagé, ainsi que l'annulaire et l'auriculaire. Ma main est bien revenue grâce à un as de la chirurgie de la main et à force de rééducation qui dura assez longtemps pour que la fonctionalité de ma mains revienne. Au bout de 4 ans. Ma main ne donne pas l'apparence d'une main qui fût presque coupée au niveau du poignet. Il y a quand même des séquelles: je garde une insensibilité du petit doigt et de l'annulaire. J'ai du mal à garder ma bague de fiançailles et mon alliance. J'ai eu l'arthère et le tendon cubital de sectionnés. Pour un écrivain, heureusement que ce n'est pas la main droite et que je ne suis pas compositeur! LOL Néanmoins, je me sers de ma main gauche pour taper sur mon clavier comme au paravent. Merci au chirurgien de la main qui à tout fait pour sauver la miènne.

 

N. Ghis.Mélody.

                                                                  

 

 

Et voici un poème de Paul Verlaine:

 

Ma main gauche.



Ce ne sont pas des mains d'altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct.

Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;

Car les mains ont leur caractère,
C'est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant.

Les météores de la tête
Comme les tempêtes du coeur,
Tout s'y répète et s'y reflète
Par un don logique et vainqueur.

Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent : " Travail qui ne doit rien. "

Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d'églises
Les saints sous le rinceau doré,

Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu'ils narrent entre haut et bas.

Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d'âpres pensées.

Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
A leur façon, mains qu'elles sont.

J'ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D'inflexible et de furieux.

La main droite est bien à ma droite,
L'autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,

Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux...
AH ! Si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !

Paul Verlaine

 

 

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