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    Mise à jour le 01/12/2008
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La croisière.

Lundi 18 Août 2008 à 18:11

Publié par La main et la plume2 dans les Histoires de Ghis.

 

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La croisière

 

  

J'entends des « aux revoirs » qui fusent de tous les côtés de cet immense paquebot. Dans tout ce vacarme, je ne perçois plus le cri des oiseaux de mer qui tournent au dessus de nous pour récupérer ne serait-ce que quelques miettes de gâteaux secs qui traîneraient sur le pont. Le bastingage est noyé de monde et par centaines, les mains s’agitent et tout sens et lancent des rubans, des confettis comme pour signifier leur joie à la pensée de l’heureux voyage qui va commencer, à partir du moment où le paquebot va s’ébranler. Les remorqueurs sont en place pour aider l’énorme masse à s’éloigner du bord. A bâbord comme à tribord, les ponts commencent doucement à se vider de ses voyageurs, chacun ayant prit connaissance de son numéro de cabine. Je suis un peu fatigué par tout ce bruit et je m’apprête à faire en faire autant. Je vais aller m’installer confortablement dans ce qui sera ma suite pour huit jours. J’ai gagné ce voyage et pour une fois que je suis en première classe, je tiens à en profiter. Le prix mentionnait deux personnes, mais j’étais seul. Que m’importait que je sois accompagné ou solitaire? J’avais gagné cette croisière et dans vingt quatre heures ce bateau n'aurait, pour moi, plus aucun secret.

 Pendant les trois mois qui me précédèrent le jour « J » de cette fameuse croisière, ma vie fut un enfer. Je comptais les semaines qui me séparaient de l’embarquement. J’achetais avec frénésie de nouveaux vêtements. De la tête au pieds, sans oublier les baguages: tout était neuf! Il m'était également venu à l'idée d'acheter un smoking pour les grandes occasions et jusqu'aux chaussures de cuir que j'avais fais mettre sous forme afin de ne pas souffrir des pieds! Je faisais et défaisais mes valises car il me semblait toujours avoir oublié quelque chose d'important. Tous les frais inhérents à ce voyage étant offerts alors, pour quelle raison m’en faisais-je à l’avance? J’avais tout prévu: les travellers chèques, mes cartes de crédit de peur de manquer d'argent pour une raison x ou y etc. Sans que je veuille me l'avouer, je partais pour trouver la femme de mes rêves…

Enfin, le paquebot fait route pour Les Antilles. Mon instinct me dit que ce voyage allait se passer le mieux du monde. Je me sens euphorique de vivre ce rêve tout éveillé.

Le Queen Elisabeth II a prit le large depuis plus de deux heures. Il fait nuit depuis une bonne demi-heure et sous un ciel magnifiquement étoilé, je reste là, plongé dans mes pensées, à profiter de l'air marin qui emplit mes poumons d’iode.

A la proue, appuyé sur le bastingage, face à l'immensité de l'océan, sous l'étrave du paquebot, je me surprends à imaginer, les profondeurs abyssales: ces abîmes mystérieux et inhospitaliers qui vous font froid dans le dos lorsque l‘on prend le temps de se représenter ces insondables fonds marins.

 Je suis tiré de mes pensées par un saxo qui se plaint. De la salle de réception, la musique me parvient. Ces dames doivent être belles ce soir? Je les imagine, évoluant sur des rythmes langoureux ou endiablés se laissant griser, au fur et à mesure que la soirée avance, par cette ambiance de fête qui régnera, je le suppose, jusque tard dans la nuit. Je n’ai pas encore sommeil. Je veux profiter de tous ces instants qui me sont offerts. Et si j’allais faire un tour dans la sale des festivités? En plus, les odeurs de cuisine qui me parviennent, flattent mon appétit. Et puis, qui peut savoir? Peut-être aurais-je le bonheur d’y faire une heureuse rencontre?…

 A mon entée, le dîner dansant bat son plein. J’aperçois à une table une jeune femme blonde, très jolie qui a l’air de s’ennuyer. Est-elle seule?

Semblant perdue dans ses pensées, elle ne s’aperçois pas que je m’approche d’elle pour l’inviter à danser. Les musiciens jouent un slow et c’est là, toutes mes connaissances en matière de danse. Elle lève deux beaux yeux verts dans ma direction, hésite un instant avant de répondre à mon invitation puis elle se lève avec grâce me tendant sa main. Ce n’ai pas que je cherche à tout prix quelques jolies jeunes femmes pour meubler ma solitude; mais la croisière serait quand même plus agréable si j’avais une compagne pour le temps du voyage!…

 La première soirée fut délicieuse. Morgane, de son prénom, et moi ne nous sommes pas quitté. Au petit matin, à l’instant où l'aurore commence à vouloir pointez son nez et que la nuit est moins noir, accoudés au bastingage, nous croisons quelques attardés ivres de bons vins, de danse et de sommeil. Ils vont vraisemblablement aller se coucher, à moins qu'ils ne fassent comme nous et traînent encore un peu sous les étoiles. Je regardais ma montre qui marquait quatre heures du matin. Morgane et moi, décidâmes d'être raisonnables afin d'être en forme pour la journée qui allait suivre cette première nuit féerique. Je raccompagnais Morgane à sa porte de cabine qui portait le numéro 77. Je lui fît remarquer que ma suite portait le numéro 177. Elle sourit et nous nous dîmes bonsoir à regret. On aurait dit deux timides jeunes gens (ce que nous étions), plantés là, devant sa porte, comme hypnotisés par le regard de l’autre. J’avais envie de forcer un peu sa retenue. Je me risquait, quitte à me prendre une gifle, à lui donner un léger baiser sur ses lèvres closes. Elle ne dit rien, mais me fît comprendre qu’elle n’était pas loin de tomber de sommeil et que l’on avait tout le temps, après un repos réparateur, de nous connaître mieux. En gentleman, je n’insistais pas et à mon tour, je décidais d’aller me coucher.

 Le calme régnait dans les couloirs. Tout semblait plongé dans un endormissement salutaire pour les fêtards dont nous faisions partie. Je retrouvais ma suite princière qui portait la même fin de numéro que la cabine de Morgane. Ca m’intriguait. Malgré mon envie de m’enfoncer dans un sommeil bienfaisant, les terminaisons de nos numéros de cabines dansaient devant mes yeux et ne me laissaient aucun répit. Je dû mettre un bon quart d'heure, peut-être plus, avant que mes paupières ne décident de se fermer sur cette question lancinante: pourquoi nos deux cabines se terminaient-elles par 77. Etait-ce un signe du destin?...

Pendant que la nuit s’étalait dans toute sa splendeur et que la voix lactée illuminait le ciel, éclairant ainsi la nappe d'huile océane d'un noir profond, le paquebot continuait de tracer sa route, emportant avec lui la croisière endormit.

Je me levais tard dans la matinée et tout en choisissant une tenue adéquate pour la circonstance, je me remémorais la soirée de la veille. Il n’était pas loin de midi quant enfin, frais et dispo, j’entrepris de retrouver ma belle inconnue. Elle était là, toujours seule, en maillot de bain, sirotant un grand verre d’orangeade avec de la glace pilée et une paille. Je m’approchais ne sachant quelle attitude adopter. Elle fît s’envoler mon embarras en me faisant un signe de la main que je m’empressais de prendre pour une invitation. La chaise longue à côté de la sienne étant inoccupée. J’en pris possession. Très aimablement, elle me posa une question:

- Avez-vous petit déjeuné?

Gêné, je répondis:

-Non: je me suis levé trop tard; mais ne vous inquiétez pas, je ne déjeune pas le matin. Je prends juste un grand jus de fruit comme vous et un café bien serré. D’ailleurs, je vois le garçon qui passe autour des baigneurs. Je vais lui faire signe.

-S’il vous plait! Pouvez-vous m’apporter un café bien fort et comme mademoiselle, fis-je en lui désignant le grand verre d’orangeade que Morgane n’avait pas encore vidé de son contenu.

Tout en discutant de tout et de rien, nous entreprîmes de terminer de nous connaître mieux puis, vers 13 heures, nous nous dirigeâmes vers l’immense et somptueuse salle à manger. Nous choisîmes une table à deux couverts disposée un peu à l’écart. Un rideau de verdure nous isolait des regards indiscrets. Nous voulions être tranquilles.

Le décor rouge profond des tentures parfaitement en accord avec les nappes de même couleur, protégées elles-mêmes par des sur nappes blanches en damassé, une vaisselle de fine porcelaine également blanche agrémentée d’un liseré d’or, des verres de cristal ciselés ainsi que des couverts en argent massif, finissaient de donner une touche royale à cet endroit prestigieux. Il n'y avait rien à redire: La salle à mangée était splendide comme les cabines et toutes les dépendances, d’ailleurs. La réputation de ce paquebot correspondait bien à l'idée que je m'en était fait lors d'un reportage à la télévision.

Nous goûtâmes à tous les mets rares que l’on nous présenta. Le déjeuner se déroula comme dans un rêve et je sentais confusément que nous nous plaisions. J’osais poser ma main sur celle de Morgane qui, malgré une légère crispation, ne la retira pas.

Le vin et l'ambiance aidant, Morgane s’était un peu libérée de sa réserve et m'apprit qu'elle aussi se trouvait sur ce paquebot parce qu’elle avait gagné le deuxième prix du même concours qui m'avait amené ici: une croisière aux Antilles. Cela lui importait, peu au départ, d'être en seconde classe; mais la croisière l’intéressait, sachant qu’elle ne pourrait jamais se payer cette folie. lorsqu'elle s'était rendu compte du confort des deuxièmes classes! Elle s'était dis que sut été dommage de refuser un tel prix! Comme moi, elle ne connaissait personne pour l’accompagner; mais elle avait besoin de se changer les idées… Et puis il ne faut jamais laisser passer une occasion de se distraire! Qui sait si dans une vie, une telle opportunité peut se reproduire? C'était une aubaine à ne pas laisser filer!...

Nous passâmes tout l’après-midi ensembles. Je lui confiais la raison pour laquelle j’étais, moi aussi, non accompagné. Nous rimes des points communs de nos aventures. Ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait gagner une croisière de huit jours aux Antilles! Le courant passait très bien entre nous et nous nous primes à nous tutoyer. Auprès je la sentait très détendue et je l’étais aussi…

Aux alentours de 17 heures, je proposais à Morgane de venir dans ma cabine en tout bien, tout honneur, partager une fraîche bouteille de champagne millésimée. Celle-ci, sur ma commande, baignait dans son seau de glace pilée, accompagné d’une collation offerte par la croisière, le tout disposé sur un plateau d’argent. Des vases garnis de fleurs disséminés un peu partout dans ma suite embaumaient « Ce paquebot avait pour moi des égards dignes d'un prince! » Me dis-je. Je me réjouis à l'idée que cette croisière (qui n’en était encore qu’à ces premières vingt quatre heures), se prolongea encore sept jours. C'était le temps qu'il me fallait pour apprivoiser tout à fait Morgane. Etait-ce elle la princesse qui m’était destiné? La jeune femme que j’attendais?…

Ces huit jours de félicité ont défilés comme dans un songe. Le voyage va se terminer par un somptueux dîner dansant mais cette fois c'est un bal costumé qui va clôturer la croisière.

Le paquebot est sur le chemin du retour. Il a reprit sa route pour s’en revenir à son port d’attache. Je suis triste car mon amour de vacances va prendre fin lui aussi. Je n'ose lui demander si nous allons nous revoir. Va t-elle emporter avec elle mon rêve? J’ai évolué, comblé de bonheur, comme dans un conte de fée. Je ne regrette rien de cette aventure romanesque d’un été. Il est temps de me réveiller et de retourner à la réalité. Dans quelques instants, il me restera de nous qu’un souvenir...

Le "Queen" est à quai. Les passagers empruntent les passerelles pour en descendre. Nous en faisons autant. La fin d'après-midi est superbe! Le cri des mouettes m’agace. Tout m'agace! Et tout ce monde qui s’appelle et s’interpelle! Quel vacarme! Je n’en peux plus. Nous allons essayer de nous dire adieu dignement. La séparation, après huit jours de doux rapprochements consentants, est dure!

La cabine de Morgane, sauf la première nuit, est restée inoccupée pendant toute la croisière, Nos baisers, nos journées et nos nuits n'étaient qu'à nous.

Je prends Morgane dans mes bras pour un adieu qui se veut léger et désinvolte. Nous sommes amis et nous comptons bien nous revoir; mais j’ai mal! Si mal! Souffre t-elle autant que moi de cette séparation?

Mes yeux fouillent les miens qui s’embuent; mais elle ne dit rien, n’esquisse aucun geste pour me retenir. Je ne veux pas qu’elle sache ma peine et mon attachement pour elle. Un instant, nos vies se sont croisées dans le bonheur et la félicité. Cet amour naissant, a prit de l’importance tout au long de ce voyage et nous voilà sur le quai des « aux revoirs » comme au départ de la croisière… Une dernière étreinte et nous nous séparons sans nous retourner. C’eut été trop dur!

Je presse le pas pour héler un taxi. Pas un seul n’est libre! Mes nerfs sont à rude épreuve quand une main se glisse dans la mienne. Elle est là, devant moi souriante: l’amour la transfigure. Je l’attire à moi et prend ses lèvres sans lui en demander la permission. Elle réponds à mon baiser et sa voix, comme dans un rêve, me murmure à l’oreille ces mots troublants que je n’attendais pas:

- « Je t’aime mon amour! Je ne peux vivre sans toi! Je ne veux plus te quitter! Je t’en supplie! Garde-moi auprès de toi!

 Je m’entendis lui répondre:

- « Ô! Tu ne peux savoir le bonheur qui m'envahit? Je n'osais y croire et je m'en allais le coeur brisé de te laisser, sachant que, sans doute, nous ne nous reverrions jamais; mais maintenant que tu es là, que tu es venu vers moi, acceptes-tu de m’épouser? Dis-moi que tu le veux toi aussi? »

Le "oui"qu’elle prononça me fit comprendre que ma triste réalité s’en était allée discrètement, sur la pointe des pieds pour laisser la place à un avenir radieux qui était, en un instant, devenu notre réalité pleine de joie et d’espérance en la vie.

 

 N.Ghis.Mélody.

 

 

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N.G.M                                                                                                                                                       

La vieille fille.

Lundi 20 Octobre 2008 à 12:46

Publié par La main et la plume2 dans les Histoires de Ghis.

 

 

 

 

Proverbe du jour

Comme on fait son lit, on se couche. 

 
 

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Anne-Lise

 

 

Des cheveux ondulés, enneigés et soyeux, encadrant un visage où perle la tristesse, une vie monotone n'ayant pour seule richesse que les services rendus et les prières à Dieu. Tous les matins, à l'aube, elle s'en va à l'église pour changer l'eau des vases et remettre des fleurs. C'est un joli prénom que celui d'Ane-Lise! Peut-être un peu vieillot; mais si plein de douceur. Par habitude, elle reste à la messe de sept heure, fait toutes ses prières, examine son coeur puis elle remet en ordre ses idées.

 

Le dimanche, c'est elle qui joue de l'harmonium et monsieur le curé la tient en grande estime! Pour être aimée de tous, elle fait le maximum même si, pour rien, souvent, elle s'escrime. A la sortie du culte, lorsque sonne midi, quand les groupes se forment afin de converser, elle s'éclipse sans bruit pour ne pas déranger, comme pour s'excuser d'être une vieille fille. C'est une fois chez elle qu'elle découvre le vide qui emplit sa demeure aussi vide que son coeur. Là, elle fait, sans tricher, le bilan de ses rides et elle comptabilise, une à une, ses erreurs.

 

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Il ne lui reste rien de sa belle jeunesse lorsqu’elle éconduisait les garçons de son âge qui se glissaient souvent derrière à la messe pour toucher ses cheveux et frôler son corsage. Ils se pâmaient d'amour tandis qu'elle s'en fichait. Elle pensait, à l'époque, avoir assez de temps pour distinguer du nombre de ses soupirants celui qui saurait être l'élu qu'elle aimerait… mais elle n'a pas su et le temps est passé. A présent, c'est trop tard... Elle trompe son ennui en se faisant du thé au citron parfumé qu'elle consomme lentement grignotant des biscuits… De vivre solitaire, elle n'a plus envie; mais ne sait pas comment rompre sa solitude. Elle sent fuir de son corps tout ce qui fait la vie, s'enfonçant, peu à peu, dans sa décrépitude. Le miroir qui reflète son mince corps de liane, lui dit que c'est finit. Que trop vite il se fane et qu'elle ne sera plus celle qui fait rêver! Et qu'il n'y aura plus de beaux jours pour aimer!...

 

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Aucun prince charmant, sur son blanc destrier, n'est venu l'arracher à sa morne existence. Et il lui faut subir l'outrage des années sans être accompagnée d'une tendre présence. Elle cherche à s'occuper par une broderie; mais ses mains frémissantes refusent tout effort: comme si, dans leurs veines, se distillait la mort. Pourtant, elles étaient longues, ses mains: douces et jolies!…

Cette maison où dorment des souvenirs heureux la rend mélancolique, embuant ses yeux bleus. Sa raison la tourmente, l'empêchant de lutter et elle voudrait mourir, en finir, s'en aller... La pluie, cette ennuyeuse, s'est mise à tomber: c'est l'intruse qui tape aux vitres du salon et l'âme d'Ane-Lise se met à l'unisson de la nature qui pleure sans jamais s'arrêter. Anne-Lise n'a plus la force de faire face aux jours qui se succèdent au nombre des années. Jusqu'au bout, il lui faut subir sa destiné. Elle n’en a plus envie; mais sa vie est tenace!… Quand donc viendra le jour où, enfin délivrée, elle pourra, sans regret, déposer son fardeau de craintes, de douleurs et de longs, longs sanglots: offrande douce amère d'une vie sacrifiée…

Au loin, teinte une cloche: c'est l'angélus qui sonne. La vieille fille émerge de sa mélancolie. La seule façon pour elle d'assumer sa vie, c'est de s'abandonner à un dieu qui pardonne et qui seul, peut combler son existence usée. Si elle est vieille fille, si elle n'est pas mariée, c'est que Dieu l'à voulu et ainsi décidé! Et puis, de toutes façons, à quoi bon regretter! Les voix de son seigneur sont bien impénétrables: invisibles pour elle comme pour ses semblables… Il faut bien rétablir un peu l’ordre des choses! Que peut-elle espérer? A quoi bon s'obstiner quand la stérilité de sa vie lui fait face! Anne-lise comprend qu'il lui faut accepter ce que la providence daigne lui accorder… Elle se dit que bientôt, pour un très grand voyage, elle prendra son billet: pas besoin de bagages; juste ce petit regret de mourir demoiselle. Juste un petit regret d'être restée trop sage.

 

La main et la plume N.G.M

  

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La rencontre.

Mardi 12 Août 2008 à 11:00

Publié par La main et la plume2 dans les Histoires de Ghis.

 

 

 

 

 

Extrait du poème de Rosemond gérard

"Car vois-tu, chaque jour je t'aime davantage:

Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain."

 

 

 La rencontre 

 

Perdu dans la cohue, m'éloignant de la gare, je croise dans la rue, un jeune homme au regard d'un vert très clair: un regard pénétrant et à la chevelure brune. Il avait un corps qui en disait long sur sa musculature et je me suis toute émue devant sa virilité. Je le connais cet homme? Me dis-je. Il habite trois pâtés de maisons plus loin que la mienne. Je balbutiais un "bonjour", n'attendant rien en retour. M'avait-il seulement entendu?...

Par un soir de janvier, quelques semaines après, hasard ou destinée? Juste au coin de la rue, nous nous se trouvons nez à nez. Ne sachant que nous dire. Nous nous mettons à rire. Je me sens comme perdue. Il se perd en mots confus. Et pour couronner le tout, il me marche sur les pieds. S'en suivit un petit: "Aïe"! Il s'empresse de s'excuser et profite de l'instant pour mieux sympathiser, il me propose un café que j' n'ose refuser tant le jeune homme me plait. Mon orteil me fait un peu souffrir; mais il fait tout pour m'aider à traverser la rue jusqu'au café de la place. Désolé par l'incident, il s'empresse auprès de moi et commande deux cafés bien serrés. La barrière est tombée. Nous avons fait connaissance de bien étrange façon. Il ne me lâche pas du regard et ses yeux plongés dans les miens, il sourit je me sens attirées par lui. Mon coeur bat la chamade. Mon instinct de femme me dit que cette émotion est partagée. Ne plus être que deux. Mon souhait vient de s'exaucer: la sale vient de se désemplir. Le temps s'est arrêté. Il faudrait s'en aller car la nuit est tombée. Malgré le froid glacial, nous sommes sorti. Emerveillée par ce qui m'arrivait, je jouait les indifférentes quand il me prit la main. Je sentais sa main chaude dans la mienne, pourtant je tremblais de froid et d'émoi. Il s'en aperçu et me recouvrit les épaules de son imperméable. Nous avons fait un bout de chemin sans parler: les mots n'étaient pas utiles. Nous arrivament au portail de mon jardin. Nous dire "à bientôt" était au dessus de nos forces. Nos coeurs, chavirés par le courant qui passait entre nous, s'emballaient. Ma tête contre sa poitrine percevait les battements accélérés de son coeurs. C'est trop tôt! L'imagination nous m'emportait et nos corps désiraient aller plus loin...

N'osant plus faire un geste de peur de nous trahir, on se dit "à demain". Il nous faut résister. Faire taire nos désirs. D’un commun accord, nous nous éloignons l'un de l'autre à regret. Il dépose un baiser sur ma joue enflammée puis, s'en va d'un pas lent et tranquille. Il va se retourner. Je le sais! Je le sens. Toujours plantée devant la grille de mon jardin, impatiente, j'espère. Ô! Mon coeur va lâcher! Il se retourne et me fais signe de la main. Son geste me fait répondre au sien. Je suis sur un nuage. Je referme la porte tout à ma rêverie; mais j'aurais bien aimé qu'il ne reparte pas...

Quelques jours plus tard, Il s'en est revenu sonner à ma grille. À travers les voilages de mes portes fenêtre, je regarde étonnée la silhouette masculine qui se détache très nettement derrière le portail. C’est le jeune homme qui m'a marché sur les pieds. Moi, qui n'y croyais plus? Si calme d'habitude, j'ai les jambes en coton J'entrouvre ma porte d'entrée et je descends les quelques marches donnant sur l'allée qui me conduit à la grille qui me séparent encore de lui. Je défaille en lui ouvrant. Je vais me trouver mal si ça continu! Il devine mon malaise. Il me prend à temps dans ses bras et me sert tendrement. Je me retiens à lui: j'ai la tête qui tourne j'ai peur de tomber. Ses lèvres sur les miennes finissent de me faire défaillir. Un doux baiser qui se veut rassurant m'invite à lui répondre. Je suis envoûtée, déroutée, décontenancée. Il hésite un instant et me dit d'une voix suave: " Nous allons marcher un peu?" Ça vous dit? J'acquis de la tête. Aucun mot n'aurait pu sortir de ma bouche: j'étais comme pétrifiée. Il me pris par la main me forçant à bouger. Un pas et puis un autre, me tordant les chevilles à chacun de mes pas. Il sourit et me dit:

- Allons jeune fille! Je vous fais tant d'effet que vous n'arrivez plus à tenir sur vos jolies jambes? Toute rouge et au bord de la crise de nerfs, je me redressait, lâchait sa main et fière comme un pan, je lui montrais que je savais marcher toute seule. Il se mit à rire de bon coeur tandis que je fulminais. Il eu vite fait de faire trois pas pour me rattraper et sans ma permission, il me pris par la taille.

Ensuite, tout s'enchaîna. Nous sommes allés visiter un musé. Les toiles étaient très belles! Les objets d'art magnifiques; mais nous étions ailleurs et nous n'entendions que le battement de nos coeurs. Nos doigts s'entremêlaient et puis se défaisaient. Nous nous s'effleurions à peine, nous frôlions sans rien dire; mais nous nous frôlions quand même... Il me parla à l'oreille, me chuchota des mots doux. Son sourire charmeur me déstabilisait. J'étais sous son charme ravageur, soudain toute étonnée de cet amour naissant qui me faisait une boule au creux de l'estomac. Il m'attira à lui, me toucha les cheveux, prit mon visage entre ses mains et tout en m'embrassant, il me dit, amoureux: "Laissons faire le temps. Il est là, devant nous, notre temps! Il est là pour que nous nous appréciions, que nous nous nous apprivoisions et que nous nous aimions. Je vous aime déjà, et vous? M'aimez-vous? J'attendrais la réponse autant de temps qu'il le faudra." Il n'eut pas besoin d'attendre longtemps et dans un souffle, je lui murmurais:

- Moi aussi, mon amour, je t'aime depuis le premier jour!...

 

La main et la plume: N.Ghis.Mélody.

 

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